La complémentaire santé solidaire (C2S) prend en charge la part complémentaire des dépenses de santé pour les personnes dont les revenus ne dépassent pas un plafond fixé chaque année. Elle remplace l’ancienne CMU-C et l’ACS. Selon le niveau de ressources du foyer, cette couverture est gratuite ou assortie d’une participation financière inférieure à un euro par jour et par personne.
Tiers payant et franchises : ce que la C2S change concrètement lors des soins
Avant de se lancer dans la constitution du dossier, mieux vaut savoir précisément ce que le dispositif apporte. La C2S ne se limite pas à un remboursement complémentaire classique.
Le tiers payant s’applique sur la part complémentaire, ce qui signifie qu’aucune avance de frais n’est nécessaire chez le médecin, le pharmacien ou le laboratoire. Les bénéficiaires sont aussi exonérés des franchises médicales et de la participation forfaitaire de deux euros habituellement retenue sur les consultations.
En pratique, les soins courants sont pris en charge à 100 % du tarif de la sécurité sociale, et les professionnels de santé ne peuvent pas appliquer de dépassements d’honoraires. Les prothèses dentaires, l’optique et les aides auditives entrant dans le panier « 100 % santé » sont également couvertes sans reste à charge.
Avant de faire une demande de complémentaire santé solidaire, vérifier son éligibilité sur le simulateur du site officiel de l’Assurance maladie permet de gagner du temps et d’éviter un refus lié à un dépassement du plafond de ressources.

Ressources et composition du foyer : les critères d’éligibilité à la C2S
L’éligibilité repose sur deux éléments : les ressources du foyer et la couverture par l’assurance maladie obligatoire. Chaque membre majeur du foyer doit bénéficier de la protection universelle maladie (PUMa) ou d’un régime équivalent.
Quelles ressources sont examinées par la caisse
La déclaration de ressources porte sur les douze mois précédant la demande. Sont pris en compte les revenus d’activité, les pensions, les allocations chômage, les revenus du patrimoine et certaines prestations sociales. Quelques ressources sont exclues du calcul :
- Le RSA et la prime d’activité ne sont pas comptabilisés dans le montant des ressources déclarées.
- La prestation d’accueil du jeune enfant et le complément de libre choix du mode de garde sont également exclus.
- L’allocation versée en cas de décès d’un proche et certaines prestations liées à la dépendance ne rentrent pas dans le calcul.
Foyer fiscal et foyer C2S : une distinction à connaître
Le foyer pris en compte pour la C2S n’est pas toujours identique au foyer fiscal. Il inclut le demandeur, son conjoint ou concubin, son partenaire de PACS et les enfants de moins de 25 ans à charge. Un changement de situation familiale au cours des douze derniers mois (séparation, naissance) modifie la composition du foyer et donc le plafond applicable.
Constitution du dossier C2S : formulaire et justificatifs obligatoires
Le dossier s’appuie sur le formulaire Cerfa S3711o (référence 12504). Ce document peut être rempli en ligne sur le compte Ameli ou téléchargé au format PDF puis complété manuellement.
Le formulaire demande l’identité de chaque membre du foyer, la situation professionnelle, le détail des ressources perçues sur les douze derniers mois et le choix de l’organisme complémentaire qui gérera le contrat (la caisse d’assurance maladie elle-même ou un organisme complémentaire inscrit sur la liste officielle).
Les justificatifs à joindre dépendent de la situation individuelle, mais un socle commun revient dans la majorité des dossiers :
- Un justificatif d’identité en cours de validité pour chaque membre majeur du foyer.
- Les avis d’imposition ou de non-imposition du foyer, qui permettent à la caisse de vérifier rapidement la cohérence des montants déclarés.
- Les bulletins de salaire ou attestations de revenus de remplacement (indemnités journalières, allocations chômage) couvrant la période de référence.
- Un relevé d’identité bancaire au nom du demandeur.
Un dossier incomplet retarde le traitement sans nécessairement entraîner un refus immédiat : la caisse adresse alors une demande de pièces complémentaires, ce qui allonge les délais.

Dépôt de la demande et délai de réponse de la CPAM
Le dossier complété s’envoie à la caisse primaire d’assurance maladie (CPAM) dont le demandeur dépend, ou à la MSA pour les assurés du régime agricole. Deux canaux sont possibles : l’envoi postal en recommandé (utile pour conserver une preuve de dépôt) ou la transmission en ligne via le compte Ameli.
La caisse dispose d’un délai légal de deux mois pour notifier sa décision. Si aucune réponse n’est parvenue à l’issue de ce délai, la demande est considérée comme acceptée selon les informations publiées par Service-Public.fr. Conserver l’accusé de réception ou la confirmation de dépôt en ligne prend alors toute son importance.
Une fois le droit accordé, la C2S est attribuée pour une durée d’un an. Le renouvellement nécessite en principe une nouvelle demande, sauf pour les bénéficiaires du RSA dont l’attribution est automatique, sans démarche supplémentaire, tant que le droit au RSA reste ouvert.
Attribution automatique pour les bénéficiaires du RSA
Les personnes percevant le revenu de solidarité active bénéficient de la C2S gratuite sans avoir à déposer de dossier classique. L’attribution se fait automatiquement, sauf opposition expresse de l’assuré. Cette règle simplifie considérablement le parcours pour les foyers les plus modestes.
Pour les autres bénéficiaires de minima sociaux (allocation de solidarité aux personnes âgées, allocation supplémentaire d’invalidité), des règles spécifiques de renouvellement peuvent s’appliquer. La notification de droit envoyée par la caisse précise les modalités exactes : la consulter attentivement évite de laisser une couverture expirer par inadvertance.
Le dossier de demande de C2S repose sur des pièces accessibles et un formulaire unique. Le point qui bloque le plus souvent reste la déclaration de ressources sur douze mois, où un oubli de revenus ou une erreur de périmètre du foyer entraîne un rejet ou un recalcul. Rassembler ses avis d’imposition et ses justificatifs de revenus avant de remplir le formulaire reste le moyen le plus fiable d’obtenir une réponse favorable dans le délai prévu.



